Déportation
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Fait commun à bon nombre de colonies, le peuplement du Cap Vert s'est partiellement fait à partir de déportations: des individus devenus indésirables au Portugal (bandits, déserteurs, prostituées, alcooliques, opposants politiques) furent envoyés dans l'archipel et contribuèrent à son développement. De nombreux juifs fuyant l'Inquisition en Espagne ou au Portugal s'exilèrent eux aussi au Cap Vert. Enfin, la plus grande déportation a été celle des dizaines de milliers de noirs capturés sur les côtes d'Afrique de l'Ouest et amenés dans l'archipel.

Il faut aussi parler d'une autre déportation, soit-disant volontaire, qui poussait les capverdiens à s'exiler vers les grandes plantations de São Tomé e Principe, deux petites îles au large du Gabon et elles aussi anciennes colonies portugaises. Les capverdiens, attirés par de fausses promesses, signaient des contrats qui les condamnaient à travailler toute leur vie dans les "roças", les plantations de chocolat, pour des salaires de misère et dans des conditions de vie misérables. C'est cette émigration dont il est question dans la célèbre morna "Sodade" chantée par Césaria Evora. Cet état de quasi-esclavage a duré jusqu'à l'indépendance, en 1975.

Enfin, plus anecdotique, signalons la déportation de dix Basques de l'ETA, arrêtés en France dans les années 80 et officiellement "dispersés" au Cap Vert (et en Algérie, au Vénézuéla...). Depuis, certains en sont repartis, la plupart en 1996, et quelques sont même morts après avoir repris la lutte armée, dont le fameux Patxi. Mais il en est resté au moins deux, devenus célèbres au volant de leurs taxis à Mindelo. Un autre a été assassiné à Praia début 2008.

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